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Pourquoi les petits agriculteurs sont la clé de la sécurité alimentaire

08 avril 2019

Les petits producteurs fournissent une immense part de la nourriture mondiale. Les soutenir dans l’usage de pratiques modernes est un service dont toute la planète bénéficiera.

Cela fait 10 ans qu’Umakant Singh commence sa journée de labeur à 6 h. Elle s’achève souvent bien après le coucher du soleil. Les longues journées d’été sous le climat subtropical de l’État indien de l’Uttar Pradesh, au nord de l’Inde, peuvent être éprouvantes, mais ce n’est là qu’une difficulté parmi la multitude d’obstacles qu’il affronte chaque jour pour cultiver des champs qui subviendront aux besoins de sa famille pendant l’année. 

Les maladies peuvent tuer un tiers des plants de piments d’Umakant, alors que les inondations représentent une menace permanente risquant de détruire la totalité de la récolte en quelques minutes. En outre, ne connaissant pas les prix pratiqués sur le marché local, il risque de vendre ses produits pour un tarif trop bas, voire à perte. Dès lors, il est difficile de gagner suffisamment pour survivre, sans parler d’épargner pour investir ensuite afin de pérenniser son exploitation.

Les petits producteurs comme Umakant composent la majeure partie des agriculteurs, particulièrement dans les pays en voie de développement. Le monde compte aujourd’hui plus de 475 millions de petites exploitations familiales, qui occupent entre 70 et 80 % des terres agricoles. Umakant possède l’une des 93 millions de petites exploitations d’Inde. Celles-ci jouent un rôle absolument essentiel dans la production des stocks mondiaux de nourriture. Environ 80 % des aliments consommés dans les pays en voie de développement sont produits dans des exploitations de moins de deux hectares.

« Nous avons besoin d’informations sur les nouvelles techniques, les nouveaux produits de protection des cultures et sur les prix du marché. Si nous n’obtenons pas un bon prix sur le marché, nous n’avons pas les moyens d’augmenter notre rendement. »

– Umakant Singh, producteur de piments, Uttar Pradesh

Les outils utilisés par ces agriculteurs mêlent les pratiques agricoles anciennes et modernes. Aux charrues, houes et pioches traditionnelles, utilisées depuis des générations, s’ajoutent aujourd’hui les tracteurs et les pulvérisateurs mécaniques.

Mais sans l’aide des technologies de pointe, des pratiques novatrices et du développement des compétences, la subsistance des petits producteurs et de ceux qui dépendent d’eux, demeurera fragile.

Les exigences du métier de paysan

À l’instar d’Umakant, les petits producteurs sont piégés dans un cercle vicieux : leurs faibles revenus, ainsi que le manque d’éducation et de ressources, ne leur permettent d’exploiter qu’une fraction du potentiel de leurs fermes. Ils sont donc dans l’impossibilité de faire les investissements nécessaires à l’amélioration de leur productivité, surtout lorsqu’ils doivent choisir entre assurer les moyens de subsistance de leurs familles et investir dans l’exploitation.

Face à l’augmentation constante de la demande des consommateurs, ils subissent deux pressions distinctes : celle de produire plus, et celle de maintenir une qualité irréprochable des piments.

« Le principal problème est que nous manquons d’informations », explique Umakant. « Nous avons besoin d’informations sur les nouvelles techniques, les nouveaux produits de protection des cultures et sur les prix du marché. Si nous n’obtenons pas un bon prix sur le marché, nous n’avons pas les moyens d’augmenter notre rendement. »

Pour que les agriculteurs comme Umakant atteignent le rendement qui leur permettra d’investir dans le développement de leur exploitation, ils doivent bénéficier d’un meilleur accès :

  • À la formation (développement des compétences) : la plupart des petits producteurs des pays en voie de développement pratiquent l’agriculture telle qu’ils l’ont apprise de leurs parents et de leurs grands-parents. Mais l’agriculture a évolué. Former les exploitants agricoles aux nouvelles méthodes de protection et de gestion des cultures, d’irrigation et de nutrition des sols, leur permet d’améliorer la rentabilité de leurs exploitations. Ces agriculteurs peuvent ensuite partager leurs connaissances à l'échelle locale avec leurs pairs.
  • À des ressources : les petits producteurs ont également besoin d’accéder à des ressources agricoles essentielles, dont des semences de meilleure qualité, des solutions de protection des cultures et des engrais plus efficaces, des machines agricoles modernes, des systèmes d’irrigation et de meilleures installations de stockage. Mais ils doivent également avoir accès à des ressources financières telles que des crédits et des assurances pour être indemnisés en cas d’inondation ou autres causes de destruction des cultures.
  • Aux marchés : l’exploitation agricole la plus efficace au monde ne vaut pas grand-chose si les agriculteurs n’ont nulle part où vendre leur production. Dès lors, le troisième élément nécessaire aux agriculteurs est l’accès aux marchés physiques et numériques. Cela comprend l’accès à la transparence des prix et aux certifications, ainsi qu’aux filières de collaboration avec les partenaires impliqués dans la chaîne alimentaire. Cela signifie également que les agriculteurs doivent connaître les exigences de la chaîne de valeur en matière de qualité et d’utilisation correcte et sans danger des produits de protection des plantes et des engrais qu’ils achètent.

Travailler ensemble pour trouver une solution

Il n’existe pas de solution universelle à ces problèmes, et c’est pourquoi de nombreux acteurs mondiaux des secteurs public et privé collaborent pour mieux répondre aux besoins des petits producteurs comme Umakant.

Better Life Farming, par exemple, une alliance entre International Finance Corporation, Netafim, Swiss Re Corporate Solutions et Bayer, permet aux agriculteurs d’accéder aux nouvelles pratiques et technologies agricoles, allant de la rotation et de la protection des cultures aux systèmes d’irrigation novateurs, en passant par la formation, les moyens financiers et les assurances. En s’appuyant sur son expertise du secteur agricole, l’alliance entend fournir une sécurité financière et développer le savoir-faire agricole, afin d’améliorer la rentabilité de ces exploitations et les vies de ceux qui y travaillent.

Food Chain Partnership est un projet international similaire, qui contribue à améliorer l’accès des producteurs aux marchés. Dans ce cas particulier, Bayer met en relation les agriculteurs et les négociateurs, transformateurs, détaillants en alimentation et ONG. Les producteurs bénéficient de formations pour mieux répondre aux demandes du marché.

Umakant est l’exemple même du succès de ces modèles. Bayer l’a accompagné dans l’amélioration du rendement de son exploitation par des techniques modernes telles que les technologies d'application de protection des cultures, la lutte contre les mauvaises herbes, les nuisibles et les maladies, la culture en serres et le paillage (consistant à recouvrir les terres de bâches pour retenir l’humidité et prévenir la croissance des mauvaises herbes).

« Le rendement de la ferme a augmenté de 60 à 70 % », se réjouit Umakant.

Et le processus d’amélioration est loin d’être terminé : « J’apprécie beaucoup de me former à de nouvelles technologies qui m’aideront et aideront d’autres agriculteurs à augmenter les rendements. Cela signifie que mes filles pourront recevoir une bonne éducation et que je pourrai acheter une maison et une voiture. »

Une agriculture conçue pour l’avenir

Les projets tels que Food Chain Partnerships, l’alliance Better Life Farming et le Programme alimentaire mondial sont déterminants pour aider les petits producteurs à devenir plus productifs, plus compétitifs et plus résilients. Ils donnent aux paysans comme Umakant les clés qui leurs permettront de transformer leur petites fermes en entreprises rentables et durables.

Ce coup de pouce à la croissance économique améliorera non seulement la subsistance de ces producteurs et de leurs familles, mais aussi celle de leur communauté, et du monde entier. Des fermes plus productives produisent des aliments de meilleure qualité en plus grande quantité, créent de nouveaux emplois et posent les bases de la prospérité pour les communautés rurales.

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